Dans la Nuit...incertaine

Tout devient possible lorsqu'on hallucine,
même les hallucinations.
J'ai besoin... désespérément besoin d'une épaule !...
Oui ! d'une épaule bien solide ! d'une épaule bien ferme !
Capable, de relever mon front accablé par la dure école
De la Vie; de relever mes paupières lorsqu'en plein jour elles se ferment.
Surchargées, mes épaules ont grand besoin qu'on les soulage
De leur lourd, et à chaque nouveau pas, plus pesant Bagage,
Qu'elles portent, je les plains ! patiemment, de mon lever à mon coucher !
Pourtant, appuyée sur une épaule virile, par leur faix touchée,
J'avancerais enfin vers de plus beaux lendemains;
Mais sans Elle hélas ! partout et sur tout, je m'écorche en chemin...
Aujourd'hui, sérieusement blessée, je n'ai qu'un seul recours :
Attendre,immobile, en espérant l'arrivée des secours;
Avant que les loups ou quelques bêtes sauvages, ne m'atteignent...
Mais victime de mes plaies béantes qui saignent,
De la soif, de la faim et des intempéries,
Je risque hélas ! d'avoir depuis longtemps périe !...
Je crains le profond silence de la nuit, plus tôt, amorcée;
Je crains plus encore que cette solitude forcée
Me fasse sombrer dans une Nuit sans étoiles ni lune...
Oh ! il me semble... oui ! il me semble entendre une
Faible plainte ! voilà que j'entends des pas s'approcher !
Ah ! mais ! que vois-je ?... un homme ou une bête, là, sur le rocher ?