Voyage incolore, inodore, indolore...
Suite des pèlerins de l'Hiver... voyage hallucinogène. Faut bien s'amuser et se détendre, en cours de pèlerinage, hein Treize !? Qui donc m'a ensorcelée dans la nuit froide et sombre ? peu importe qui, quand, comment, où : pourvu qu'on m'ensorcelle, qu'on me jette un sort, qu'on me bannisse de ce monde !
Pendant que je jetais un coup d’œil éclair vers les cieux,
Lui levait, comme par instinct, ses grands et perçants yeux ;
Dans mon regard accusé, il déversa son torrent enchanté :
Son œil, inonda le mien, de ses rêves, temps après temps, chantés…
Sourires échangés, mains tendues, contact magnétique
Entre forces contraires, entre doigts ô pouvoirs hypnotiques !
Voyage en pays étrangers, de pays multicolore à l’autre,
De jardin en jardin, où les illusions, pareils à des félins, se vautrent.
Pieds nus, dévêtus, sur les rives d’un mouvementé Délire,
Dévalant, reculant, s’affalant, volant, suivant le tempo d’une lyre
Impalpable, presque inaudible, formant de versatiles zigzags dans l’alizé,
au toucher moelleux, à l’arôme mielleux : ô Joie des sens centuplés ! du cerveau, paralysé !
Les neurones noyées, par un trop plein de malédictions, de superstitions,
Le corps bourré de visions, en gestation, accouchant d’exaltantes hallucinations ;
Mains nouées, pensées chacune de leur côté, exilées dans leur propre Immensité,
Et distantes, d’une inconcevable distance, chacune croulant sous sa propre Densité.
Immobile, seule sur la route glacée, dans ma paume, un carnet sans nom Ouvert, des pages jaunies, sans la moindre trace d’encre ni d’écriture, sinon Une flèche pointant, dans la direction opposée à celle que je suivais, Au moment de faire demi-tour, de détourner la tête, le zéphyr me souffla trois mots : si tu savais !... ............................................................ Je n'ai jamais su si le pèlerin n'était que le fruit de mon imagination ou s'il s'était comme par enchantement, volatilisé. Mais, la voix qui me chuchota ses paroles à l'oreille, je la reconnus comme étant sienne. Depuis le jour, de mon ensorcellement, son bâton, retrouvé au milieu du chemin, et son carnet, ne me quittent jamais.