Spectacle Digne du Moyen-Age

Publié le par Tamara


Aujourd'hui, mes yeux ont vu ce qu'en règle générale, ils ne voient, heureusement, que rarement. Ils ont été si choqués par le spectacle, que j'ai écrit ce poème pour dégager le sentiment de malaise provoqué par cet événement, pour ma part tragique. Image troublante que je devais exorciser pour ne pas qu'elle me hante. 

La réalité à laquelle j'ai été confrontée, je la connais et me peine, lorsque j'y pense. Mais, là, qu'elle apparaisse devant moi ainsi aussi brutalement, cela est exceptionnel. J'ai dû, malencontreusement, constater, -de mes propres yeux et pas seulement en pensée-, les inhumaines et inacceptables conditions que vivent certaines personnes, abandonnées à elles-mêmes et à leur sort, malgré leur grande vulnérabilité, autant physique, psychique que psychologique. Et cela même, en plein hiver, sur le pavé glacé.

 Oh ! là là ! pour un coeur comme le mien aux élans humanitaires, c'est vraiment pas rose de voir, les conséqences de certaines inégalités sociales aux odeurs moyenâgeuses, malgré tous les "progrès" que connaissent les sociétés occidentales et industrielles. Ça me fait vraiment rager de voir des gens souffrir des maux atroces, pendant que d'autres se goinfrent, insouciants, dans leurs palaces bien au chaud ( je dis bien palace, car je me place du côté du sans-abri). JE CROIRAI AU PROGRÈS QUE LORSQUE JE NE VERRAI PLUS DE TEL SPECTACLE DIGNE DU MOYEN-ÂGE.  DE VRAIES HORREURS PRODUITES PAR LA SOCIÉTÉ DU DÉSHONNEUR ! JE NE RISQUE PAS DE VOIR ÇA DE MON VIVANT... TELLEMENT GOURMANDE, IL LUI FAUT BIEN QUELQUES ÂMES PERDUES, QUELQUES PROIES, À SE METTRE SOUS LA DENT. PAS ÉTONNANT, QUE JE SENTE SA MAUVAISE HALEINE, MÊME DE LOIN.


P.S. J'exprime mon indignation un peu crûment, mais comment exprimer un tel moment d'horreur sans sauter quelque peu les barrières de la convenance.

 

(le jeune mendiant, Murillo)


QUELLE HORREUR ! Ô QUELLE HORREUR !

TOUT À L'HEURE,

J'ALLAIS D'UN PAS LÉGER, D'UN PAS TRANQUILLE,

LE COEUR FÉBRILE, DANS LES RUES DE LA VILLE,


 

LA PENSÉE DISPERSÉE AUX QUATRE VENTS,

QUAND, SOUDAIN, J'APERÇOIS GISANT, DEVANT

MOI, SUR LE TROTTOIR, - Ô VIL DORTOIR ! -

UN CLOCHARD TREMBLANT COMME UN ANIMAL À L'ABATTOIR !


 

LE CIMENT FROID COMME OREILLER,

LES YEUX ÉCARQUILLÉS ET EFFRAYÉS :

LE CAUCHEMAR SE FRAYANT UN CHEMIN VERS LA RÉALITÉ,

DANS SON CORPS TRAVERSÉ DE CONVULSIONS ET ALITÉ.


 

JE FIXAIS SON VISAGE ÉCARLATE,

DE PEUR QU'IL N'ÉCLATE :

PRISE DE PANIQUE,

DANS L'INTERVALLE SPASMODIQUE.


 

DE VOIR CE RESTANT D'HOMME,

SEUL PRISONNIER DU CYCLONE,

M'A MISE DANS UNE COLÈRE NOIRE :

PENSANT, QUE MALGRÉ TOUS SES VASTES MANOIRS,


 

LA SOCIÉTÉ, PUISSE, LAISSER SANS ABRI,

COMME DE VULGAIRES DÉBRIS,

TOUS CES PAUVRES GENS, QUE LES LOIS DE LA CRÉANCE,

DÉFIGURENT, ET ENFONCENT DE PLUS BELLE DANS LA DÉCHÉANCE.


 

SA FÉTIDE ODEUR M'ÉCOEURE,

JUSQU'AU MAL DE COEUR !

OH ! MAIS QUELLE PUANTEUR !

ÇA ME SOULÈVE LE COEUR !


 

MÊME SI ELLE SE DOUCHAIT DES MILLIERS

DE FOIS; CHANGEAIT, CHAQUE JOUR, DE SOULIERS,

ET SE DISSIMULAIT SOUS DE MULTIPLES FRAGRANCES,

ELLE DÉGAGERAIT ENCORE UNE FORTE PESTILENCE,


 

CAR L'INFECTION, PROVIENT DE L'INTÉRIEUR.

LES MISÉREUX, EUX, EMPESTENT DE L'EXTÉRIEUR;

ILS POURRAIENT SE DÉCRASSER, SOIGNER LEUR PLAIES,

SE REMETTRE SUR PIEDS : SI, AU MOINS, LA SOCIÉTÉ LES AIDAIT !

 

 


"Le cri du pauvre monte jusqu'à Dieu mais il n'arrive pas à l'oreille de l'homme." Lamennais

 


"Les pauvresses, traînant leurs seins maigres et froids,

Soufflaient sur leurs tisons et soufflaient sur leurs doigts."

Baudelaire

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Publié dans Poèmes d'une Exilée

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S
Tres beau blog !<br /> Bonjour et bon week-end !<br /> J'ai vu votre blog par hasard et je voudrais vous féliciter pour les poèmes !<br /> Simbad<br /> Bordeaux
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M
Juste au moment d'écrire mon com., je prends connaissace des commentaires de Maja, Jessica, toi même et Minos, et je peux te dire que j'apprécie beaucoup vos converstions philosophiques, mais hélas, je ne peux pas y participer car je n'ai pas la culture suffisante pour cela.<br /> Cependant, dans ton poème sur la misère que l'on rencontre à tous les coins de rue, j'ai bien ressenti ta générosité, ta sensibilité et ton grand coeur. Tu as bien fait de l'écrire, et de cette façon tu as pû faire ressortir toute ton indignation vis à vis de ces malheureux.<br /> A bientôt.         Mado.
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T
Tu participes à nos conversations par ce com, par cette lecture. Je le trouve philosophique moi. Lire et chercher à comprendre, voilà une attitude philosophique. <br /> Il t'a suffit de m'écrire quelques phrases, pour me faire ressentir, que mon poème t'a touchée, ainsi que la misère de ceux dont je cherchais à defendre l'honneur. C'est plus que suffisant pour constater une grande sensibilité et une grande ouverture d'esprit.<br /> Merci de ta visite Mado, j'irai très bientôt respirer le parfum de fleurs que dégage  ton blog coloré et fleuri bientôt. :)   
J
Sauf qu'au Québec, la tendance est au calme, à la passivité sauf en des rares moments de son histoires (la période des Patriotes par exemple).<br /> Heureusement, il est possible de faire quelque chose tout en ne déclenchant pas de révolution. Il suffit de briser le culte de l'individualité. Je crois que c'est ce qui diffère le plus aujourd'hui d'avec le Moyen-Âge. Lorsque les gens vont voter, ils ne pensent qu'aux conséquences que leur vote aura sur leur petite vie tranquille à eux, ils ne pensent pas à l'impact sur l'ensemble de la population. L'individualité prime au détriment de la collectivité... Et ce sont les plus démunis qui en souffrent!
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M
Tiens pour toi papillon
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M
Excellent article ! Et le poème n'en parlons même pas, c'est une merveille. Ta lucidité et ton grand coeur sont à ton honneur ma chère amie. Mais je suis peinée qu’une personne aussi gentille ait été confrontée à ce genre de situation. Tu dois t’avoir senti impuissante. En tout cas, ton texte nous ouvre les yeux sur une situation que l’on tente de se cacher... un peu malgré nous. C’est difficile de comprendre qu’il existe encore aujourd’hui, des personnes qui vivent dans une extrême pauvreté, alors que d’autres se prélassent. Quant à moi, je suis d’accord avec l’idée que nous sommes certes pas dans un monde politique/économique moyenâgeux, mais au niveau mentalité/psychologie, on y encore presque. Dans notre temps moderne, nous sommes rendus les as dans la façon de cacher, on camoufle tout, guerre, inégalités, pauvreté. Durant le moyen âge c’était plus criant et plus de monde se trouvaient dans une situation de grande pauvreté. Aujourd’hui, la classe moyenne s’est élargit... une chance ! Mais enfin... je m’égare. C’est quoi le sujet déjà ? Ha oui, l’itinérance.... je vais conclure ainsi : maudire société de m.... ! <br />  <br /> Nous sommes encore jeune, notre société n’est encore qu’à ses balbutiements, laissons lui le temps et en attendant, de pauvres personnes innocentes doivent en subir les conséquences, ça me révolte. Un jour lorsqu’on sera mort, ça ne sera plus ainsi. Dans plusieurs centaines d’années, peut-être des milliers... <br />  <br /> Bisous mon amie. Tu es certes la meilleure !<br /> <br />
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