Les PÈLERINS de l'HIVER
Poème juste pour toi, Treize, mon ami pèlerin. Viens ! je t'amène. Enfile tes bottes d'hiver, ton manteau, ton foulard en laine, tes gants, ta tuque, et tout accessoire te semblant nécessaire pour te protéger du froid, nous partons, tous les deux, vers une terre où souffle non pas le zéphyr mais bien l'aquilon, qui coupe le souffle et force les pèlerins de l'hiver, à quintupler leurs forces pour confronter sa puissante force, à s'esclaffer pour se réchauffer en chemin, et ne pas laisser les vents contraires les étouffer, les frigorifier.
Par une soirée glaciale, de janvier, Sur une route de gravier,
Étalant son longitudinal lit de glace,
Je glissais, à la recherche d’une place,
D’un gîte où réchauffer,
Mes membres, mes extrémités, transis ;
Où détendre, mes poumons saisis,
À chaque respiration, par de cinglantes bouffées.
Un ciel clair d’hiver éclairait
Mon chemin, étincelant chacun de mes pas,
Me disant tout haut : comme ces étoiles me plairaient
Sans cette froideur dans leur rayon, rappelant celle, du trépas !
Dans la plaine déserte et argentée,
Dispersés, ici et là, des arbres, à la ramure grelottante ;
Au loin, quelques montagnes, agrémentées
De formes hétéroclites et inquiétantes…
Aucun signe de vie, à part, maintes
Échos, de maintes et sourdes plaintes,
Lancées par de douteuses créatures,
Des semblants d’animaux, de dantesques caricatures.
Une voix, flottant, dans l’aquilon,
Les champs, et les sillons,
Traversa mes oreilles ahuries,
D’entendre un chant, en plein cœur de mon safari.
Devant, se balançant, avançant d’un pas serein,
Un grand jeune homme, aux allures de pèlerin,
Tenant dans sa main gauche, un bâton,
Dans la mains droite, un calepin, sans nom.
Et portant, un long capuchon, par le temps noirci,
Dissimulant, son visage, par le climat, cramoisi,
Et exposant, aux intempéries, son viril menton,
Couvert d’une barbe couleur marron, couverte d’un fil de glaçons.
Le pèlerin inconnu, la tête penchée vers le sol,
Comme envoûté par ses pieds, par leur cadence molle,
Chantonnait, se laissait entraîner,
Se laissait, tout bonnement, par eux, traîner.
À Suivre... dans une autre aventure ! Restez attentifs(ves) aux mouvements du vent, et à ses bruissements.