Enveloppes impénétrables !?

Publié le par B'elana




Sentiment de
Christiane Andermatt, héroïne du roman, MONT-ORIOL :

"Elle comprit que tous les hommes marchent côte à côte, à travers les événements, sans que jamais rien unisse vraiment deux êtres ensemble. Elle sentit, par la trahison de celui en qui elle avait mis toute sa confiance, que les autres, tous les autres ne seraient jamais plus pour elle que des voisins indifférents dans ce voyage court ou long, triste ou gai, suivant les lendemains, impossibles à deviner.

Elle comprit que, même entre les bras de cet homme, quand elle s'était
cru mêlée à lui, entrée en lui, quand elle avait cru que leurs chairs et leurs âmes ne faisaient plus qu'une chair et qu'une âme,
ils s'étaient seulement un peu rapprochés jusqu'à faire toucher les impénétrables enveloppes où la mystérieuse nature a isolé et enfermé les humains. Elle vit bien que nul jamais n'a pu ou ne pourra briser cette invisible barrière qui met les êtres dans la vie aussi loin l'un de l'autre que les étoiles du ciel.

Elle devina l'effort impuissant, incessant depuis les premiers jours du monde, l'effort infatigable des hommes  pour déchirer la gaine où se débat leur âme à tout jamais emprisonnée, à tout jamais solitaire, effort des bras, des lèvres, des yeux, des bouches, de la chair frémissante et nue, EFFORT DE L'AMOUR QUI S'ÉPUISE EN BAISERS, POUR ARRIVER SEULEMENT À DONNER LA VIE À QUELQUE AUTRE ABANDONNÉ ! "



Tiré de la nouvelle, LE PÈRE :

"On rencontre parfois de ces femmes qu'on a envie de serrer éperdument dans ses bras, tout de suite, sans les connaître. Elle répondait, cette jeune fille, à ses désirs intimes, à ses attentes secrètes, à cette sorte d'idéal d'amour qu'on porte, sans le savoir, au fond du coeur."


"Il pensait à elle tout le reste du temps, la revoyait sans cesse pendant les longues séances du bureau, hanté, possédé, envahi par cette image flottante et tenace qu'un visage de femme aimée laisse en nous."
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Publié dans Maufrigneuse

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L
Puisque tu nous offres l'extrait d'un de tes auteurs préféré, je vais terépondre par la citation de l'un des miens :"Chez mes confrères, l'amour est en querelle avec tout ce qui l'environne et finit par etre heureux malgrés les opposants; chez moi, il n'est en querelle qu'avec lui-même et finit par être heureux malgré lui."Marivaux.
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