Dédé Fortin

Publié le par Tamara

 


PASSE-MOÉ LA PUCK, Les Colocs

Aujourd'hui la télévision est v'nue nous voir Pour constater l'état du désespoir Une coup'e de sans-abri à la veille de Noël Ça c'est un beau sujet pour le show des nouvelles La caméra dans' face j'y faisais des grimaces Mais que c'est qu'y font là à filmer ma carcasse ? C'est pour un reportage sur les plus démunis j'voudrais savoir ton, j'voudrais voir ton taudis j'habite pas d'un taudis, j'mappelle pas j'viens tout seul J'vas t'mettre les points su'es i ou ben mon poing su'a gueule Golden Johnny travaille pour les yuppies SI j'avais l'droit d'voter ben j'voterais pas pour lui Y'a l'Armée du Salut, pourquoi tu vis dans'rue ? J'ai dit ben passe-moé la puck pis j'vas en compter des buts ! M'a posé d'autres questions sur ma situation C'est d'intérêt public de savoir si j'me pique Tu bois-tu d'la robine ? Tu fouilles-tu dans'poubelles ? Épargne-moi les détails de ta vie sexuelle Bobette Branlette Canette Ginette Quêter, manger j'm'en vas m'saouler Tu vas en savoir plus long si tu m'donnes un peu de fric C'est comme le téléthon des alcooliques Y'a l'Armée du Salut, pourquoi tu vis dans'rue ? J'ai dit ben passe-moé la puck pis j'vas en compter des buts Le journaliste téteux a fait le tour du bloc Y'a filmé juste un peu, y'a ramassé son stock Y'est rentré dans l'café, y'a demandé les chiottes Moi j'en ai profité pour y piquer son truck J't'allé m'chauffer les fesses au bureau du B.S. Ben on pas t'aider si t'as même pas d'adresse Ça fait que j't'allé tchéquer un p'tit logement deux pièces On peut pas t'le louer, t'as même pas d'B.S. Aujourd'hui la télévision est v'nue nous voir J'me sentais comme un rat dans un laboratoire Y'a l'Armée du Salut, pourquoi tu vis dans'rue ? J'ai dit ben passe-moé la puck pis j'vas en compter des buts


Un jour, Dédé est arrivé avec la base de la chanson. Il m'a aussi prêté une cassette des Beastie Boys pour que j'y puise des idées rythmiques. Son idée : faire un rigodon-rap !

Jimmy Bourgoing, février 2001


Ma mère a une sixième année, pis mon père, une troisième année environ. Il a commencé à travailler vers l'âge de 14 ans, dans des conditions épouvantables. Pendant le cégep, j'étais assez révolté. J'en voulais aux riches. J'étais pas pour les pauvres, mais carrément contre les riches. Maintenant, ça va, mais c'est encore un moteur de création. Les inégalités me font chier. J'ai encore le goût de dire : c'est pas juste.

André Fortin, septembre 1995

SI ÇA VA POUR TOI,
ÇA VA POUR MOI...

DANS LE MEILLEUR
DES MONDES
POSSIBLE
ET IMPOSSIBLE
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Publié dans Viva La Revolucion !

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