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Publié le par Tamara

Cet article fait suite à l'article, Fake : première partie du poème
La corrida par Jacques Prévert.
Voici la suite de ce poème mais non la Fin :

Un peu plus tard très sombre dans la nuit

La Reine est seule dans la chambre

Le Roi dans son bureau

s’occupant des affaires du pays

L’Armoire à secrets s’ouvre à deux battants

une suivante entre un flambeau dans la main

et le taureau entre aussi

La suivante se retire emportant sa lumière

et seule la lune éclaire

la Reine nue sur son grand lit

Soudain elle se réveille

aperçoit son ami

et sourit

Minot Minot Minot

Mon petit Minotaure…

Le taureau ne dit rien

il est debout sur ses pattes de derrière

une de ses pattes du devant appuyée sur la cheminée

il est un peu triste

et pourtant la Reine lui plaît

La nuit dernière il avait rêvé de bagages et de rôti de veau et d’une

vache belle comme le jour

il se trouve un peu seul sur la terre

comme tant de créatures humaines

et s’avançant près du lit

appuie d’abord son front contre la vitre

Un train passa dans la nuit

Dans un wagon un homme s’est endormi

Il a fait un mauvais voyage

l’officionado

la corrida n’a pas été réussie

la Reine a empêché la mise à mort

Il a des cauchemars à cause de cela

et aussi des remords

à cause d’autres choses

Un tas de choses d’autrefois qui reviennent et qui murmurent

des choses en apparences très normales

et qui se sont passées dans sa demeure

Mais là

l’homme jouait le beau rôle

dans ce que les hommes appellent

la réalité

et tant pis s’il le jouait mal

Tandis que dans son rêve

il a le rôle mauvais

et il le joue très bien

la farce a l’air plus vraie

et il la trouve mauvaise

Le train est bientôt loin…

 

Le taureau lui est toujours là

qui écoute les bruits de la nuit

et la Reine le regarde

le taureau debout sur ses pattes de derrière

avec sa queue il fouette doucement

une carafe et des verres de cristal

posés sur un guéridon

et cela fait un petit bruit très doux

une très frêle petite musique de verre

une lancinante chanson

comme ces petites plaques de verre

accrochées entre elles

par de très légères ficelles

et qui se balancent dans le vent

à la porte des boutiques

de China town à San Francisco

là-bas en Amérique

Je ne suis jamais allée là-bas pense la Reine mais je suis sûre que

la musique de là-bas comme en Chine c’est tout à fait comme celle-là.

Et elle fredonne

à voix basse

d’une voix encore plus douce que la musique de verre

China town

China town

China town

Un autre train passe dans la nuit

China town

China town

China town

LE TAUREAU N'ÉCOUTE PAS SON BRUIT
IL ÉCOUTE SEULEMENT
ET TRISTEMENT
LA CHANSON DES TANNEURS

 

des tanneurs qui travaillent de nuit

Et la tannerie n’est pas loin du Palais

et même quand c’est l’été à cause du vent

tout cela pue horriblement

toutes ces peaux qu’on tanne

et tanne et tanne et tanne

China town

China town

China town

Le taureau écoute toujours la chanson des tanneurs

et il est mal à l’aise

à cause de ce mauvais air

et de cette mauvaise odeur


IL SE TOURNE ALORS DU CÔTÉ DE LA REINE
China town
China town
China town
Il COMPREND QU'ELLE L'APPELLE
ET S'AVANCE VERS ELLE

China town

China town

China town

Et tanne et tanne et tanne

Et comme le tanneur fait son métier de tanneur

il fait lui son métier de taureau

China town

China town

China town

DIEU ME DAMNE
CHANTE LA REINE

FOLLE DE JOIE
AH QUE LA VIE EST BELLE

MÊME SI ON MEURT QUELQUEFOIS

 

China town

China town

China town

On n’entend plus la chanson des tanneurs

ni le bruit des trains dans la nuit

Seul le bruit du premier train du petit matin

China town

China town

China town...

 

Et le Roi entre sur la pointe des pieds

la démarche très noble

mais les traits très tirés

Il voit dans le soleil qui vient de se lever

sa femme éventrée morte

au beau milieu du lit

avec un grand sourire enfantin ébloui

Et puis

sur le tapis

le taureau endormi

***
JUSQU'OÙ LA REINE
EST PRÊTE À ALLER
POUR DÉPOSER
UN SEUL VRAI BAISER,
SON PREMIER
ET DERNIER
VRAI BAISER
AU MUSEAU
DE SON DULCINÉ
TAUREAU ?

JUSQU'OÙ ?

MAIS,
JUSQU'AU BOUT
DE SA FOLIE.

QUELLE QUESTION !

LA QUESTION NE SE
POSE PAS
À UNE REINE,
FOLLE À MOURIR
D'UN TAUREAU.

VOILÀ CE QUE J'EN PENSE :

VOILÀ COMME PENSENT
LES VACHES FOLLES,
REINE OU SERVANTE.
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T
yen a marre de ce china town china town china town Franchement Prévert, change d'air, à la fin,c'est plutôt chiantvers la Finça donnela jaunisse !!!un coucou à la Chine,trop jaune de monde (ta gueule gringo !) ok je me la ferme.lol
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T
Fin du poème LA CORRIDA de Prévert :Et d'abord il prend peur et veut appeler à l'aide puis passe la main sur son front comme pour chasser un rêve malade se rend à l'évidence et constate la choseChina townChina townChina townUne équipe de tanneurs de jour continue le travail de nuitChina town China townChina town...Le Roi entend à sa manièreune chanson qu'on lui chantait enfantColimaçon corne...Apercevant dans un miroir sa tête royale et couronnéeil la hochemorne et désabuséeColimaçon corneColimaçon cornemontre moi tes cornes...Ce refrain enfantin l'inquièteil s'écroule dans un fauteuilla tête dans les mainscontemplant le grand animal noir qui rêveet la Reine morte qui n'arrête pas de sourireChina townChina townChina townEt colimaçon cornehurie soudain le RoiSoudain le voilà qui tombe en pleursUne grande détresse fait place à son royal courrouxNi l'or ni la grandeur ne nous rendent TaureauSe levant tristement il recouvre du drap le corps saignant et épanoui de la Reine paraît-il pour toujours endormieEt il sonneEt toute les cloches de toutes les églises de tout le royaume se mettent à sonnerEt puis des tueurs de bêtes entrent à leur toursur la pointe des piedsEt voilà le taureau qui meurtChina townChina townChina townsans s'en apercevoirANASTHÉSIÉPAR L'AMOUR DE LA REINEET D'AUTRES AMOURS AUSSIAMOURS À LUINi l'or ni la grandeur...peut-êtremais les apparences doivent être sauvéesEtle jour enfin levéen plein soleilsur le plus grand balcon du Palaisle Roideboutse présente à la foule enthousiasméesouriant de toutes ses dentsavec sur la têtedeux cornes ensanglantéesEt les cloches de sonnerLes canons de tonnerLes tanneurs de tannerChina town China town China townFIN du poème, dédié, bien entendu, à mon minotaure, mon petit minotaure, à moi, qui ne suis pas reine, mais ni plus ni moins, femmelle du taureau.
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T
ANESTHÉSIÉ peut-être, c'est ton taureau qui te fait cet effet. Qui te fait perdre l'ordre des mots.Ah ! ces taureaux ! pas moyende les oublier pour de bon.C'est pas comme les princes :les princes passentet meurentsans qu'on s'en souciele moins du mondetandis que...eux.
T
A qui de droit,DERNIÈRE FLAMMEVaguement, en mon coeur, je sens que se rallumeMon amour, comme un feu de lampe dans la brume,C'est un charme qu'on prend pour quelque souvenirQui dans l'âme, d'abord, peut tout entier tenir.Et la lampe bientôt en étoile se change,Et répand des rayons dont la brume s'effrange.ET C'EST MOINS QU'UNE IVRESSEET C'EST PLUS QU'UN FRISSON...MON ÂME EST PLEINE ET CHANTEUNE ANCIENNE CHANSON.Et puis, c'est un soleil en sa clarté première,Qui verse à grands flots d'or sa divine lumière !C'est l'extase ! mon coeur déborde ! je suis fou !DE L'HARMONIE EN MOI TOMBE, JE NE SAIS D'OÙ !Peut-être que vos yeux m'ont regardé dans l'ombre,Lorsque ce vieil amour percé de coups sans nombreExpirait, et qu'il lui fallait, en sa langueur,Boire aux regards par où s'écoule votre coeur.ALBERT LOZEAU
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