Tout doux tout doux
(la comédie américaine)
par
ROMAIN GARY
Les hommes mangent des étoiles depuis qu’ils existent. De Lascaux à Faust et de Delphes à l’arme nucléaire, les étoiles à goût de toute-puissance, de « Solution » et de perfection ne cessent de nous fournir leur protéine d’absolu.
Quant à l’auteur, il a cherché dans ce roman, comme dans tous les autres, à se désintoxiquer lui-même sur un fond picaresque et poétique : à partir d’un certain degré de sérieux, il ne reste plus qu’à se moquer de ce qui nous torture. Dans l’espoir, bien sûr, que les étoiles deviendront ce à quoi elles se réduisent toujours lorsqu’elles tombent sur la terre et qu’une main d’homme parvient à les saisir :
UN TABLEAU DE CHAGALL,
UN PETIT AIR DE VIOLON JUIF ET TENDRE,
UNE TRACE D’OR SUR UNE ICÔNE
RONGÉE PAR LA RÉALITÉ,
CETTE POIGNÉE DE CENDRE
(...OU ENCORE DU
ORSON WELLES)
TOUT DOUX TOUT DOUX
DON QUICHOTTE
DE LA DÉMENCE !
C'EST JUSTE DU CINÉMA
FAIS COMME LA PETITE
PRENDS ÇA COOL :
SUÇOTE UNE SUCETTE
C'EST EFFICACE
CONTRE LA
CONTENTION.