Le poémier
de sa vase gluante aux crapauds endormis.
Soulève-toi d’horreur, mais non plus à demi,
couvert de lieux communs épais, d’images blettes.
Jarrets gonflés par ton effort,
soulève-toi des eaux croupies du Rêve.
– Oui, c’est fait.
Mais pourquoi resté-je ainsi courbé,
vaincu par mon effort !
Un peuple de sylvains me nargue sur ces bords ?...
À leurs cris je me dresse en piétinant d’orgueil.
Que fais-je là ?
Je prends racine, je m’enfeuille, et
j’entends rire Pan au cœur de ma feuillée…
JE SUIS UN ARBRE À POÈMES :
UN POÉMIER.
Paul Fort, Ballades françaises