Article exemplaire
- NON, PERMETTEZ. C'ÉTAIT UN EXEMPLE.
L'HOMME VIT DE BONS EXEMPLES.
DOSTOÏEVSKI, L'adolescent.
L'HOMME VIT DE BONS EXEMPLES.
DOSTOÏEVSKI, L'adolescent.
NOUVELLES EXEMPLAIRES
"J'AI DONNÉ
À CES NOUVELLES
LE TITRE D'EXEMPLAIRES,
CAR À BIEN
LES CONSIDÉRER
IL N'Y EN A
AUCUNE
DONT ON PUISSE
TIRER UN
EXEMPLE
UTILE"
1597-1616
Préface par JEAN CASSOU,
Nouvelles exemplaires :
Le Portrait de l'artiste que Miguel de Cervantès insérait dans le Prologue de ses Nouvelles exemplaires, parues à Madrid en 1613, nous le montre alors qu'il avait soixante-six ans, et trois ans avant sa mort. Elles se placent entre la publication de la première partie du Quichotte et celle de la seconde partie. Cervantès est donc, à ce moment, en plein génie, au comble de son expérience. Expérience infiniment diverse d'homme en proie aux circonstances, toujours en service et perpétuellement déçu dans ses espoirs, soldat pas mal fier de ses campagnes, mais obligé à ce fréquent destin qui transforme les héros blessés en invalides quémandeurs, homme de lettres non moins hâbleur et glorieux, mais en réalité peu comblé de satisfactions; fontionnaire obéré, personnage besogneux et médiocre, à histoires de famille et à procès, ayant toujours maille à partir avec la justice et se trouvant tout démuni, sans garantie ni répondant en face des puissances de l'époque.
Un génie plus favorisé du sort et de la société aurait pu, à la façon d'un Aristote ou d'un Rubens, ces familiers des princes et des dieux, accomplir le voeu profond de Cervantès. qui était
Un génie plus favorisé du sort et de la société aurait pu, à la façon d'un Aristote ou d'un Rubens, ces familiers des princes et des dieux, accomplir le voeu profond de Cervantès. qui était
DE PROLONGER LES RÊVERIES
DE L'ÂGE D'OR
ET DE PRODUIRE
LES SONGES
ENCHANTÉS ET DÉLIRANTS
D'UNE IMAGINATION QUI
S'ABANDONNE L'IMAGINATION :
C'EST LE DÉMON QUI HABITE
L'ÂME PUÉRILE
DE CERVANTÈS.
"JE SUIS, DIT-IL
DANS SA CONFESSION
DU VOYAGE DU PARNASSE,
CELUI QUI EN IMAGINATION
DÉPASSE
TOUS LES POÈTES."
Il est le plus forcené des idéalistes, et les folies des plus effarants romans de chevalerie ne sont rien au prix de celles qu'il se sent en tête et qu'il finira, au terme de sa carrière, par se donner le plaisir de dérouler dans les aventures de Persiles et Sigismonde, ouvrage suprême et qui, dans sa pensée, devait être "le meilleur ou le pire des romans de chevalerie". C'est en tout cas le meilleur livre de Cervantèsdu point de vue de la perfection du style. C'est le plus artiste et le plus éloquent. Preuve, justement, de l'autonomie de l'imagination qui se donne libre jeu. Rien n'arrête plus Cervantès.
LA PLUME VA
PLUS VITE
QUE LA MAIN,
ET LA MAIN
QUE
LA PENSÉE.
L'ÉCRITURE
AUTOMATIQUE,
LA POÉSIE PURE,
BREF L'ART LIVRÉ
À LUI-MÊME
ET LE GÉNIE
CRÉATEUR
SE DÉVORANT,
QUI ONT ÉTÉ
PARMI LES RÊVES
LES PLUS CHERS
À NOTRE PLUS RÉCENTE
ÉPOQUE LITTÉRAIRE,
NOUS LES VOYONS
S'ACCOMPLIR
EN CETTE
OEUVRE
PRESTIGIEUSE,
CAPRICE ULTIME
D'UN GÉNIE
QUI PRESSENT
SA MORT.
Publicité