Grrr
Qu'est-ce qu'il est mignon, mon Fédia !
Je lui aurais bien fait un bébé.
gagagougou
Le Statut de la Folie dans les oeuvres
de jeunesse de Dostoïevski :
études,
Dominique Arban, Centre national de la
Recherche Scientifique, Paris.
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« Le rêveur est toujours pénible à supporter à cause de sa foncière inégalité d’humeur : tantôt trop gai, tantôt trop sombre; tantôt grossier, tantôt attentif et tendre; tantôt égoïste, tantôt capable des plus nobles sentiments (…) Dans l’ensemble, leur abord provoque immédiatement une impression tant soit peu mélodramatique (…) Ils aiment lire, et lire toute espèce de livres, voire de sérieux et de spécialisés, mais d’habitude au bout de deux ou trois pages ils abandonnent, parfaitement satisfaits, leur lecture. Leur fantaisie, mobile, légère, est déjà mobilisée (…) et tout un univers de rêve, avec ses joies et ses malheurs, son enfer et son paradis, ses femmes séduisantes, ses héroïques exploits, sa noble activité, et toujours quelques lutte géante, ses crimes et toutes sortes d’horreurs s’emparent soudain de l’être entier du rêveur. »
Autoportrait de Fiodor Michaïlovitch en ces années d’avant la Sibérie.
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"Bref, ça va mal, Messieurs.
Messieurs ! Déjà – bien qu’en plein rêve encore – ce mot révèle le ton futur des grandes œuvres : cette façon qu’il aura d’agripper son lecteur, de le prendre à témoin, à partie ; plus tard, dans Écrit dans le sous-sol, ce Messieurs, il ne le lâchera plus, il le fera hargneux, désespéré, accusateur. Mais dès cette prime époque, malgré toute cette adolescence en lui à vingt-six ans, malgré les songes où il se réfugie, le voici qu’il est, et qu’il sera : un solitaire qui ne cesse de parler à un autre – cet autre qui est son lecteur. Sa plume est dialogue : hors du roman – qui est soit confession, soit entretien – Dostoïevski, comme dans ces Chroniques pétersbourgeoises de sa jeunesse, sera toujours face au lecteur, le tenant, ne le lâchant plus. De la part d’un rêveur réfugié en lui-même, étrange attitude, dira-t-on.
Mais non ! C’est sa seule démarche : fuite au profond de soi et puis, affrontement d’autrui; refus de tout ce qui n’est pas le motif de ses rêves, et puis, besoin de s’emparer de cet autre, cet autrui, si différent de lui et qu’il lui faut convaincre, dont il doit s’emparer. C’est une de ses plus essentielles, de ses plus permanentes démarches. Nous le retrouverons ainsi à tous ses pas.
Contradiction pénible, elle fut salutaire dans la mesure où elle exprimait ses deux « moi » :
Le FANTASTIQUE, dira-t-il plus tard,
c’est la même chose que le REÉL;
sans le RÉEL
il n’y a pas de FANTASTIQUE."