Ouille...!

Publié le par Tamara

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Les Demoiselles d'Avignon


LES DEMOISELLES À PIGNON

Ouille… qu’elles sont bizarres
Les mademoiselles à pignon
Pas très complètement grassouilleuses…
On peut pas dire qu’elles sont en forme
Je me voye pas faire du promening avec elles
Dans la rue,
Tout le monde rigolerait de moi…

 

C’est drôle quand même
Elles ont l’air trixte;

Peut-être elles attendent un amoureux,

Peut-être elles en ont pas,

Ça les rend malureuses…

Peut-être c’est moi?

Ouille oui j’aurais pas dû rire, je leur a fait de la peine…

 

Pôvres mademoiselles
Faut pas être décomprimés pour ça,
J’ai pas fait essprès,
C’est passque je suis pas habitouillé…
 

 

Je sais bien c’est pas de votre faute
S’il vous manque des morceaux.
Si vous avez le nez en trompe-à-l’œil
Et le chou bijou genou tout en pointu…
 

 

Peut-être vous avez eu un accident? Non?
Non.
Quand même vous avez de la chance
Ç’aurait pu être pire:
Si vous aviez été griffées par la démondrian
Il vous aurait autrement géomaîtrisé ça…
 

 

Quand même. Celui qui vous a fait ça
S’il continouille de faire de l’art défiguratif
Avec les femmes
Il ira pas loin, le pôvre!
 

 

À moins que… à moins qu’il… Oui!
Peut-être il a fait essprès…
Peut-être il vous aime
Les femmes…
Peut-être il vous a compris le problème
Et il veut vous aider
Et il la fait lui-même, l’artisse, à sa manière
La libre aération de la forme…!
 

 

Pôvres mademoiselles à pignon!
En tout cas faut pas compter sur moi
Pour vous réparationner,
Je saurais pas, j’ai pas la main d’artisse…
 

 

J’aurais la main d’artisse je saurais quoi faire
Avec les couleurs ouille…!
 

Souvent je pense aux couleurs et je soupiraille :

Pôvres petites couleurs !


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SOL
Marc Favreau (1929-2005)
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Publié dans Fou Rire !

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M
Merci pour tous les renseignements concernant la libellule. Je savais qu'elle était douée d'une vision exceptionnelle. Mais, j'ignorais qu'elle était le symbole du Japon, et qu'on la nomme chez toi "île de la libellule" par rapport à l'île de Hondô.En ce qui concerne Marc Favreau, je viens de le découvrir grâce à toi. Son personnage "SOL" qu'il avait créé, le clown clochard, phylosophe et jongleur de mots, était un fin critique de sa société.Je  te remercie pour tout.Bonne soirée.Mado.
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T
Le Québec manque d'hommes de cet envergure,La disparition de notre Sol national nous manque avec encore plus d'envergure, pour la plupart. Mais bon ! on fait avec ce qu'on a... de pôvres humoristes sans envergure.La suite de pôvres petites couleurs :Les couleurs sont folles furieusement braques!Elles se mésangent et se soulagent et se superpositionnentet se condimentationnent arc-en-cielement.Ça vermillonne partout le rouge gorge le noir de son carmindigoet chauffe le violet qui fond et se guimauve...et l'émerôde l'émerôde autour des bleus qui se turquoisentet s'azurent et se grisent... la terre fait des siennes et dérouille les embruns...le jaune se laisse aller le jaune devient médiocre et bientôt passe au vertvert de terre vert-de-gris et vert de jalousie...!Et ça roule sur la toile et ça roule et ça gerbe de soleil en folieça mitote et ça mousse et ça devient léger ça moguglianisedans tous les demis-tons l'orange cramoisit dans le buffet kakile matériau pèle l'outremer déborduase inondant la palettede chrome envahinée qui écarlate enfindans une apothérose émouvantablement supercolorifique!Mais ça finit pas là. La toile il faut la faire sécher;on la sort, on l'étend sur la galerie et alos là tout un monde se précipitationnec'est l'attraction lyrique et pas n'importe quel monde :un monde très gratiné toutes sortes de collationneurs de chèvres d'oeuftoutes sortes d'épicurieux des grignoteurs de pistachistesdes dadamateurs de peinture contemporeusedes brosseurs de tabloïds qui peignent fin de siècledes exhibibites en oblongues qui ratent jamais un vermicelleet qui viennent là pour visonner... et ça clapote et ça clapote...Mais le vrai tergivernissage c'est quand les hypocritiques arrivent.Ils se reconnaissent bien les hypocritiques ils arrivent toujours en habit de rigueurou en imper réaliste... ils viennent pas là pour faire du plaisantingils sont là pour casser la croûte! ils zyeutent ils scrutinent ils examinouillent ils manquent rien pas un petit bétail qui leur écharpeils ont l'oeil impardonnable et le jugement dernier...!Et ils s'extasent, ils s'évermouillent,ils se formalisent de tout et se défulminent de rien,ils deviennent vitupérationnels et se racontent d'amères disances et des calcomanies...mais ils s'expressionnent tant complexement que nous on comprend rien...Ils ont sûrement la langue trop fermétique!Et pourtant y en a des choses à voir des choses à dire sur la toile,elle est là, elle se laisse faire, y a qu'à la regarder la toile...C'est un gigantesque pic-à-brac de guitares en multi-cubes...c'est un trésor dalidada plein de lèvres qui susurréalisent et béquillentdans un désert de montres molluxes... un peu partout des neztoutes sortes de nez des nez au cube des nez au réalisse des nez au futurissede longs nez qui s'arrêtent et font demi-tour eiffel...Ici c'est une ancienne belle qui magritte à vue d'oeil on la soutineon lui fait une chirico-plasticine...plus haut c'est une chagalleriequi plane et qui parachutise des ânes avec leurs émules à bec...des vipères réalistes sortent de partout en longs kimonochromesqui motorisent le porc du bikini...l'art s'amuse et se popcornemuse...Mais la toile aime pas ça, la toile refuse global son jeune cadre angulaire...ça gronde et ça gromatire au loin et bientôt la grenadine explositionne...c'est la guernicasso! L'affreuse qui coupe les chevaux en quatreet sanguine les toros! l'art exprimitif! l'art cri! L'art graphigne tant tellement l'environning l'art devient cinétique si frénétique si tant bernétiquequ'on est obligé  de l'enfermer dans un museléavec de grandes portes pleines de fermetures...Et c'est finila pôvre petite couleur est encore emprisouilléeelle voyera plus personneseulement le vieux conserviteur du museléqui fait son promening et qui garde sans regarderSol Sol Sol la si do... de la musique de la musique...en mots.
T
Pôvres petites couleurs !J'aimerais tant tellement les aiderc'est pas toujours drôle la vie d'une couleurc'est pas toujours rose...Quand elle est toute petite la couleur la première chose qu'on lui fait on l'emprisouille dans un pot ou dans un tubetoute seule!Jamais deux couleurs ensemble!Elles se connaissent pas encore les couleurselles peuvent pas encore se voir en peinture,,,Puis un jour comme ça par hasardl'artisse se réveillonne et se fâche:on a pas le droit de mettre les couleurs en prison!Y a qu'à voir le mondele monde est grisonnant, trixte et mélancolorique...Finies les idées noires!Et alors le grand totomatissedevient fauvette,il écrabouille les tubes,il déboussole les pots,il libérationne les couleurs et les tartinesur une grande toile très impressionnisée...et c'est un cacao esstradinaire !A SUIVRE DANS UNE AUTRE AVENTURE... de pôvres petites couleurs !
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