Lecture

Samedi 28 février 2009
Peinture d'Alice Miller

Site internet d'Alice Miller,
Abus et maltraitance de l'enfant


L'enfant sous terreur
par A.M., 1986.


"Elle parle dans ce livre du commandement intériorisé dès notre plus jeune âge par la plupart d'entre nous : "Tu ne t'apercevras de rien" qui est le titre original du livre. Elle critique la psychanalyse et explique beaucoup dans ce livre en quoi Freud et la psychanalyse ont tort et ont caché l'origine réelle des maladies psychologiques des adultes et des enfants qui résident principalement dans l'enfance et dans les abus subis par les enfants mais niés.


Selon Alice Miller, la psychanalyse vise à culpabiliser le patient pour "épargner" les parents, à le faire s'accuser d'avoir des fantasmes là où il a été abusé dans son enfance ; en d'autres termes, la psychanalyse veut rendre le patient responsable de ce qu'il a subi, notamment par ses parents. Elle reproche à Freud d'avoir inventé la théorie des "pulsions" pour éviter de voir les traumatismes réels subis dans l'enfance et d'avoir à accuser les parents de maltraiter leurs enfants, la psychanalyse accuse les pulsions et non les abus d'être principalement à l'origine des souffrances endurées dans l'enfance et dans la vie adulte.


Elle reproche à la psychanalyse de ne pas comprendre dans sa forme originale que les symptômes et les maladies sont le seul langage que le patient a pour exprimer ses traumatismes, et que les symptômes, traumatismes et maladies ne peuvent pas être "inventés" ou dus à seulement des fantasmes, mais qu'ils cachent et montrent à la fois de réels abus subis par le patient dont lui-même peut ne pas avoir conscience.


Certains psychanalystes veulent interpréter les récits de leurs patients pour qu'ils correspondent à ce qu'ils ont appris (notamment la théorie des pulsions), que c'étaient des fantasmes et non des traumatismes, ce qui empêche le patient de prendre conscience de ce qu'il a subi, donc d'après Alice Miller, la psychanalyse et surtout ses théories fondatrices ne sont en réalité que la répétition de l'événement traumatique qui a conduit au refoulement des causes des souffrances de la maladie du patient, en somme, un nouveau traumatisme passé inaperçu et présenté comme une méthode de soins, de guérison.


Elle dit qu'en réalité, Freud n'a fait que reprendre le point de vue dominant de l'époque, que l'enfant était animé de pulsions destructrices, mauvaises, et que les parents étaient innocents dans les troubles psychologiques de l'enfant et que c'est grâce à cette explication que la psychanalyse a connu un tel succès : on protège les parents qui sont présentés comme idéaux, c'est en fait la manière dont l'enfant voit ses parents depuis tout petit, ce qu'on le force à croire en dépit des faits.


La psychanalyse ne serait que la représentation des parents innocents et le patient "l'enfant méchant animé de pulsions destructrices", notamment la "pulsion de mort".

Elle explique aussi que Freud a inventé la psychanalyse pour nier ce qu'il avait découvert peu avant, mais qui était insupportable pour lui, car étant seul avec cette découverte, que tous ses patients avaient subi des abus (sexuels) dans leur enfance, mais c'était tellement en contradiction avec les croyances de l'époque qu'il "dût" se résigner à nier sa découverte et créa la psychanalyse qui adopte le point de vue contraire, que la plupart des patients et des enfants fantasment sur des abus qui n'ont pas existé.


L'avocat de l'enfant (deuxième partie, chapitre 3) est pour elle ce que doit être un psy, aider et comprendre l'enfant, sans le rendre responsable ou coupable même seulement en partie de ce qu'il a subi, mais elle déplore aussi que les psys sont en général, même sans le savoir, du côté des parents qui accusent l'enfant.


Elle consacre un chapitre sur la notion de sexualité infantile, elle réfute la vision de Freud qui n'est selon elle là encore une fois que pour masquer les abus des parents, en effet, selon Freud l'enfant désirerait son père ou sa mère sexuellement, mais en fait ce n'est pas ce que désire l'enfant, mais la projection des désirs des parents sur l'enfant, l'enfant est donc la victime des projections de l'adulte et non l'auteur des ces projections comme Freud l'a dit pour protéger les parents, pour ne pas voir la cause réelle et non fantasmée de ces abus.


Le mythe d'Œdipe est ensuite abordé, et elle voit encore une fois de plus comment la psychanalyse a interprété cette histoire en oubliant le rôle et la responsabilité des parents qui abandonnent l'enfant au début de l'histoire pour rejeter entièrement la faute sur l'enfant victime que l'on fait culpabiliser, l'enfant se retrouve une fois de plus dans la psychanalyse le bouc émissaire : "Il est toujours allé de soi que les enfants devaient porter la responsabilité de ce qu'on leur faisait", dit Alice Miller, troisième partie, chapitre 3.


Dans le chapitre "Quatre-vingt-dix ans de théories des pulsions", elle critique les "dogmes" et les croyances de la psychanalyse qui empêchent de tenir compte des nouvelles découvertes récentes au sujet de l'enfance, surtout de la cruauté qui se cache derrière la sévérité avec laquelle on traite les enfants, que les adeptes de la théorie des pulsions nient, ils s'en tiennent à ce qu'on leur a appris et qui date de dizaines d'années en arrière sans tenir compte de l'évolution de mentalités qui a permis de découvrir de nouveaux aspects des maltraitances faites aux enfants.


source wikipedia


Alice Miller

"La découverte que j'avais été une enfant maltraitée, que j'avais dû dès le début de ma vie me soumettre aux besoins et aux sentiments de ma mère sans avoir la moindre chance d'éprouver ceux qui m'étaient propres, m'a beaucoup étonnée. La découverte de ma totale impuissance d'alors m'a aussi fait comprendre le pouvoir du refoulement qui m'avait éloignée toute ma vie de la vérité, et l'impuissance de la psychanalyse qui, par ses théories trompeuses, n'avait fait que consolider le refoulement." 

La connaissance interdite, A.M., 1990

Par Tamara
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Mercredi 1 octobre 2008


Vie et destin,
Vassili Grossman


Homélie n.f.
Relig. Sermon, au cours de la messe.
Litt. Discours moralisateur


La confusion de nos notions sur le bien et le mal
(des gens civilisés) dépasse tout entendement.
Dostoïevski, Carnets.


***

Dans la tête du "parachutiste" régnait le chaos, il professait une morale grottesque et ridicule, au-dessus de la lutte des classes.

- Quand s'exerce la violence, expliquait Ikonnikov, le malheur règne et le sang coule. J'ai assisté aux grandes souffrances de la paysannerie et pourtant le but de la collectivisation était le bien.

Je ne crois pas au bien,  je crois à la bonté.

- A vous suivre, nous devrions être horrifiés quand, au nom du bien, on prendra haut et court Hitler et Himmler. Moi, je ne le serai pas, répondit Mostovskoï.

- Interrogez Hitler, dit Ikonnikov, et il vous expliquera que les camps, eux aussi, ont le bien pour but.

Mostovskoï avait l'impression que durant ses discussions avec Ikonnikov, ses raisonnements logiques avaient la même efficacité que des coups de couteau que l'on porterait vainement à une méduse.

- Le monde n'a pas dépassé la vérité qu'a formulée un chrétien de Syrie vivant au VIe siècle :

" Condamne le péché et pardonne au pécheur ",

répéta Ikonnikov.

_________________

Ils ne sont pas coupables.
Des forces de plomb, obscures,
les poussaient, des millions
de tonnes pesaient sur eux.
Il n'y a pas d'innocents
parmi les vivants.
Tous sont coupables,
toi le prévenu, toi le procureur, et moi qui
pense au prévenu, au procureur et au juge.


Mais pourquoi avons-nous
si mal et si honte de notre abjection ?


Vassili Grossman
Tout passe...


Par Tamara
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