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Lundi 21 juillet 2008

JE SUIS VIERGE
DE TOUS PÉCHÉS.




POUR CELUI DE LA CHAIR,
JE NE M'EN SOUVIENS PLUS :

SI JE L'AVAIS COMMIS,
JE M'EN SOUVIENDRAIS...
NON ?




PS : AU FAIT, SANS VOULOIR
PARAÎTRE INDISCRÈTE,
C'EST À QUI
CE JOLI PETIT MINOIS ???




  BAD GIRLS ?



Mardi 15 juillet 2008

Annonce publicitaire lessiveuse

CE QU'IL FAUT DE SALETÉ

POUR FAIRE UNE FLEUR !

Félix Leclerc


citation cueillie sur le site

à citations de Gilles G. Jobin

au fil de mes lectures


 

Je dors dans de beaux draps. L’eau de la lessiveuse ne bouille pas. Le système est au froid.

 

Qu’est-ce qu’un citoyen normal peut faire d’une lessiveuse défectueuse ?


La question ne se pose pas ou ne devrait pas se poser, puisque personne, de nos jours, ne se sert de cet appareil démodé, sans fondement actuel, autant dire, acculturel. Chacun possède sa machine à laver dernier cri. Et si non, se rend gentiment avec son panier à linges sales dans une buanderie, près de chez eux.

 

Dans mon cas, la question, se pose et doit se poser, puisque la lessiveuse, se trouve être moi-même. Semble, en première analyse, me représenter. Il y en a qui expriment l’humaine condition en se référant à la vie animale : « se sentir comme un lion en cage », « fragile comme un oiseau blessé », « une vraie langue de vipère », etc., etc. D’autres encore préfèrent les figures mythiques : «un vrai petit diable », « un ange cornu », « le syndrome de cendrillon » ou «encore syndrome de Peter Pan », « un Adonis », « laid comme Quasimodo », etc., etc.,

 

Eh ben, moi, je choisis de me figurer en lessiveuse, dérangée. C’est une métaphore comme une autre et qui convient tout à fait à mon degré de culture. Cela dit, entre parenthèses, poursuivons…

 

…Je m’entends penser : si la lessiveuse est dérangée, que ne la changes-tu pas en machine à laver ? Que ne t’achètes-tu pas de nouveaux draps blancs ? Que ne laves-tu pas tes draps à la buanderie ? Que ne fais-tu pas comme tout le monde ? Etc., etc...

 

C’est ce que je devrais faire. Mais, je ne le fais pas.


Eh oui, et cela, même si je sais que tout le monde devrait mourir dans de jolis draps blancs. Et moi, je ne demande pas mieux. Le hic, c’est qu’en réalité, je dors fort bien dans mes draps, jaunes pisse.


Qui sait ? peut-être que je ne m’endormirais pas aussi doucereusement aussi rêveusement dans des draps blancs, de surcroît, propres. Et puis, ça me donnerait l'étrange impression d’être enveloppée dans un linceul, trop propre.

 

Une fois, je me suis dit, tiens, invitons un gentil petit monsieur, faire la lessive. Il saura bien faire bouillir mon eau, mettre en branle la lessiveuse. Je pars donc à sa rencontre. Une fois pénétré par la justesse de ma cause, je l’invite à visiter mon intérieur. Il pénètre dans ma chambrette, mais voyant mes draps couleur pisse, étendus comme ça impudiques sur le lit, n’ose pas pénétrer plus avant. Il va même jusqu’à faire un pas en arrière. Je fais alors un pas en avant - que lui, répugne à faire -  le prend par le collet, et détache son pantalon. Il ne réagit pas, tout absorbé qu'il est à contempler d’un œil hagard mes draps de misère, qui se donnent à coeur joie, à contre-pied du courant actuel.


Frustrée, je le repousse, et lui lance, de ma gueule carrée :

 - Qu’est c’ta ? La jaunisse ?

- Rien ! Rien ! seulement, ça fait combien de temps, qu’t’as lavé tes draps ?

- Pas la peine de compter. Tu sais, le temps, c’est relatif. Surtout, quand le sale temps… dure.

 

Comme par un fait exprès, les draps commencent à prendre vie. Je me jette sur le dos dans mon lit, de tout de mon long, les jambes relevées en forme de cœur. Mais, lui, pauvre cloche à lunettes ne s’aperçoit pas, écoeuré qu’il est de tout ce jaunâtre, qu’il donne corps et puissance, à ces draps de malheur. Leur donne raison. Raison de moi. Naturellement, mon idiot d’inconnu, finit par détourner les yeux, les fixer au plancher, faire demi-tour, et crisser son camp, la queue entre les jambes.    

 

Je me blottis alors contre mes draps jaunis par le sale temps… Je les respire à fond. Je me dis que ces saletés draps, jaloux comme un pou, sont une barrière entre « Moi » et « Ça ». Mais je reprends, « Surmoi ».


La lessiveuse et cette saleté de temps font, somme toute, bon ménage. Un jour de beau temps, elles sauteront hors du lit, fières comme une puce, sauteront la barrière du temps, ayant fait leur temps.


Viendra ensuite le temps des beaux draps propres. 

Le beau temps du linceul.         

 

ÉPITAPHE Matthieu 27 57-60

 

« Joseph prit donc le corps, le roula dans un linceul propre

et le plaça dans le tombeau tout neuf qu’il s’était fait tailler dans le roc :


puis il roula une grande pierre à l'entrée du tombeau et s'en alla.»

 

 

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