Puisque le bon sens tient à l’expérience, l’honneur en doit-il revenir au sage qui n’entreprend
rien, tant par modestie que par timidité de caractère, ou au fou qui est exempt de modestie et ne saurait être timide, puisque le danger n’est pas connu de lui ?
Le sage se réfugie dans les livres des Anciens et n’y apprend que de froides abstractions; le
fou, en abordant les réalités et les périls, acquiert à mon avis le vrai bon sens. Homère l’a bien vu, malgré sa cécité, lorsqu’il a dit :
« LE FOU S’INSTRUIT À SES DÉPENS ».
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Chère Folie,
laissez moi ajouter ma pincée de sucre, à votre discours plein de bon sens, en vous répondant,
qu’on aborde, en lisant ou en écrivant des livres, bien des réalités et des périls, qu’en temps normal, on ne rencontre pas. Ce qui nous permet, une fois projetés dans le monde réel, d’agir
bien des fois avec plus de bon sens que la plupart de ces fous qui ont, n’est-ce-pas ? un bon sens des réalités.
Et, pourquoi ? parce qu’on a une imagination plus folle que la moyenne: donc plus apte à
s’adapter vite, vite, à la « masse des fous » mais plein du bon sens des réalités, qui s’agite de part et d’autres de nos pensées.
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Te voici sur les terres d'exil d'une Imagination ballottée au gré d'une existence orageuse, et qui tente de poser pied quelque part entre son Espérance et sa conscience ombrageuse.
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