À l'orée des bois il n'y a pas que des fées.
J'y vois aussi quelques fois une jeune fille,
Qui vient s'y entraîner à la solitude,
au lieu de décider d'aller plus loin,
jaugeant les profondeurs avant d'y tomber.
Avant de franchir la protection d'épines de la forêt,
l'égarée hésite à sacrifier la belle robe
qui cache ses chevilles délicates.
Debout dos aux vents, les ténèbres l'attendent.
Une petite bise s'enroule à son cou et ma belle se demande :
"Mieux vaut-il mourir damnée qu'étranglée ? "
quand un souffle plus insistant la pousse à la damnation.
Parvenue au coeur de ce royaume vert,
une pâle émanation lumineuse l'accueille.
Alors la demoiselle se met à danser,
comme une flamme qui vacille,
et avant de s'éteindre
elle offre ses larmes à son créateur,
qui l'imagina dans ses pleurs
à cet endroit exactement.
Alors la jeune fille chanta comme une chimère,
qui sait qu'elle n'est que rêvée,
et elle offre à son instigateur
la plus désespérée des pensées.
Qu'il est triste de voir comme la lumière de la lune,
de jour, ne peut rivaliser avec celle du soleil.
Alors que surpassant mille étoiles
elle éclaire, de sa lueur froide et blanche,
le corps sans feu aucun
de la belle désillusionnée.
:
Te voici sur les terres d'exil d'une Imagination ballottée au gré d'une existence orageuse, et qui tente de poser pied quelque part entre son Espérance et sa conscience ombrageuse.
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