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( © Dozier Bell - Drawings - site)
Je n'ai pas un chat, mais un rat coincé dans la gorge !
Je suis une gribouilleuse des vils faubourgs... non ! des ruelles, des coins sombres. Je me tiens là à l'ombre et je guette, l'oeil fixe, la bave aux commissures des lèvres, comme ces chats de gouttières, qu'une phrase, comme un rat, sur moi se jette en courant. Je l'attrape entre mes dents et la décortique, lettre après lettre, syllabe après syllabe, de tout sens, tout côté, de la queue à la tête : Je la "déviscère" ! la déchiquette !

Il m'arrive, à maintes reprises, de la cracher, juste à lécher, du bout de la langue, son pelage, et de la laisser se sauver, à pas de course, pour aller se cacher dans un de ses sales recoins... dans un de ses tas d'ordures tant prisés.
Peut-être bien que la prochaine fois sera la bonne, et que je ferai de cette phrase un repas alléchant, et que je la dévorerai sans le moindre dégoût, comme le chat de gouttière mange le rat !... Mais pour cela faudra qu'elle passe de nouveau devant moi et que je réussisse à l'attraper de nouveau.

( Tiger, 1912, Marc, Franz, voir site de ã Nicolas Pioch )
La Tigresse
En sa forteresse,
Est farouche
Gare aux Mouches,
Qui se garent,
Ou , qui sur son ventre saharien, se couchent :
Car de ses pattes de velours, elle les touche.
Courte prose poétique inspirée par Lémuria... c'est toi la muse !
