L’HOMME À LA PAILLE
Il vécut vingt ans avec une paille dans l’œil
Puis un jour il se coucha
Et devint un vaste champ de blé
Roland Giguère
(Les Nuits abat-jour)
***
Depuis ce poème, quand je m’étends au cœur d’un champ de
blé,
c’est comme si je posais ma tête tout contre une poitrine dorée,
dont les battements engourdissent ma solitude.
c’est comme si je posais ma tête tout contre une poitrine dorée,
dont les battements engourdissent ma solitude.
QUAND LA POÉSIE SE MÊLE À LA SOLITUDE…
ET LA SOLITUDE SE MÊLE DE POÉSIE :
ET LA SOLITUDE SE MÊLE DE POÉSIE :
TOUT L'IRRÉEL DE LA SOLITUDE
BAT AU RYTHME DE L'IRRÉEL.
Qui me rejoindra au coeur de l'Irréel:
au coeur de ma Solitude qui bat
d'un battement Irréel
Comme bat le champ de blé ?
QUI SINON L'HOMME À LA PAILLE,
L'HOMME DE L'IRRÉEL,
L'HOMME IRRÉEL !
Tamara
par Tamara
publié dans :
Carnets d'exil

The Dreamer, Jean-Baptiste GREUZE
" ON PLEURE PARFOIS
LES ILLUSIONS
AVEC AUTANT
DE TRISTESSE
QUE LES MORTS "
(Une vie, Maupassant)

Gottfried HELNWEIN
LA SAVEUR DU RÉEL
Il marchait sur un pied sans savoir où il poserait l’autre.
Au tournant de la rue le vent balayait la poussière
et sa bouche avide engouffrait tout l’espace.
Il se mit à courir espérant s’envoler d’un moment à l’autre,
mais au bord du ruisseau les pavés étaient humides
et ses bras battant l’air n’ont pu le retenir.
DANS SA CHUTE IL COMPRIT QU'IL ÉTAIT
PLUS LOURD QUE SON RÊVE
ET IL AIMA, DEPUIS, LE POIDS
QUI L'AVAIT FAIT TOMBER.
Pierre REVERDY

Jean-Baptiste GREUZE
par Tamara
publié dans :
Carnets d'exil
